top of page
Screen Shot 2022-12-12 at 5.13.06 PM (1).png

GRILLONS par Cynthia Atkins

Durant tous ces jours et toutes ces années, la seule chose
J'ai appris, c'est qu'un poème a besoin d'un moteur.
Pas un présentateur avec des cheveux de piste de ski, mais coloré
chandails de vieilles tantes mortes, pénombre de grains de poussière,
Kleenex froissé, aux bords effilochés de potins. Un poème
parle de tout ce qui se passe entre-temps,
pendant que vous aérez les oreillers, conduisez un covoiturage.
Tout ce que tu as manqué en regardant droit vers ce que l'avenir
sait qu'il ne vous le dira pas. Il y a un cadran radio
nous pouvons aller nous écouter tous respirer ensemble,
frottant notre gouffre d'âmes dans un dîner toute la nuit.
Un poème a besoin de magie, une cloche, un marteau, un bruit à l'intérieur
un bruit. Jamais deux fois la même chose. Seul le pathétique
qui vient au-dessus d'une foule, le bruit de la nuit
écoute le jour. Écoutez les glyphes
les branches font une nuit éclairée par la lune. Il offre
pas d'excuses pour les mauvaises coupes de cheveux, ça va hurler
avec tous vos chiens errants, dans les allées de mégots.
Un poème a besoin d'un moteur, qui ne doit pas être endormi comme un art et un artisanat,
la colle faite avec de l'eau et de la farine. Non, il faut les roues
tourner dans la boue, là où quelqu'un s'embrasse
pour la première fois. Il a besoin d'un verre de vin piétiné
à un mariage, même s'il se termine par un divorce.

Screen Shot 2022-12-13 at 7.51.27 AM (1).png

La Lumiere du Monde

Extrait

Aimer quelqu’un c’est le lire.

C’est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le coeur de l’autre, et en le lisant le délivrer. C’est déplier son coeur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était  à lui-même un livre écrit dans une langue étrangère.

Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade et, quand

je regarde un visage, j’essaie de tout lire, même les notes en bas de page. 

Je pénètre dans les visages, comme on s’enfonce  dans un brouillard, jusqu’à ce

que le paysage s’éclaire dans ses moindres détails.

Nos propres actes nous restent indéchiffrables. C’est peut-être pourquoi les enfants

aiment tant qu’on leur raconte sans fin tel episode de leur enfance.

Lire ainsi l’autre c’est favoriser sa respiration, c’est le faire exister.

bottom of page